L'essentiel en 30 secondes

  • Pourquoi ? Un rapport de l'IGAS publié le 12 mars 2025 a jugé l'Agence nationale du DPC (ANDPC) inefficace et a recommandé sa suppression au profit de la Haute Autorité de Santé.
  • Quand ? La fin de l'agence a été actée en novembre 2025, avec une transition étalée sur 2026 et 2027. Le mandat de la directrice générale s'est terminé le 11 janvier 2026.
  • Ce qui ne change pas en 2026 : votre DPC fonctionne normalement. Financement garanti, plafond IDEL de 14 heures inchangé, agencedpc.fr opérationnel.
  • Ce qui change dès 2026 : les formations 100 % e-learning (non présentiel) ne sont plus indemnisées. Seuls le présentiel et la classe virtuelle synchrone conservent l'indemnité à taux plein.
  • Et en 2027 ? Les missions seraient réparties entre la HAS (volet scientifique) et France Compétences (volet financier). Scénario probable, à confirmer par les textes.

Pourquoi l'ANDPC disparaît : le rapport IGAS de mars 2025

Tout part d'un rapport d'évaluation. Le 12 mars 2025, l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) a publié une évaluation en deux tomes de l'ANDPC au constat sévère. Le diagnostic : sur la période 2020-2022, seuls 5 % des professionnels soumis à l'obligation de DPC l'ont effectivement respectée, malgré des moyens financiers conséquents. La mission relevait aussi un climat de défiance entre l'agence et de nombreux acteurs, et une conception trop restrictive des actions éligibles.

La conclusion a fait grand bruit : l'IGAS préconise de supprimer l'obligation de DPC sous sa forme actuelle, de supprimer l'ANDPC et de transférer ses moyens à la Haute Autorité de Santé, en réorientant le dispositif vers la certification périodique. La presse professionnelle a résumé le tournant d'une formule : « le DPC est (sans doute) mort, vive la certification ». Côté dentaire, L'Information Dentaire titrait dès le printemps sur la suppression préconisée de l'agence.

À ce stade, important : la suppression de l'obligation de DPC est une recommandation de l'IGAS, pas une mesure votée. L'obligation de formation continue, elle, reste en vigueur. Ce que le gouvernement a réellement acté, c'est la fin de l'agence — pas la fin du devoir de se former.

La décision de fin 2025 et les réactions

En novembre 2025, le ministère de la Santé a acté la suppression de l'ANDPC. La décision, transmise par voie administrative, a provoqué de vives réactions. Le personnel de l'agence a dénoncé « une brutalité administrative » et un démantèlement « précipité, sans stratégie, sans anticipation », allant jusqu'à la grève.

Michèle Lenoir-Salfati, directrice générale durant près de dix ans, est sortie de sa réserve pour déplorer une « décision politique », voire « populiste », au détriment de la qualité de la formation. Du côté des médecins, Le Quotidien du Médecin a relayé l'inquiétude de la profession face aux incertitudes sur la formation continue.

Pour les infirmiers libéraux, retenons l'essentiel derrière le bruit médiatique : il s'agit d'une réorganisation institutionnelle, pas d'un arrêt brutal du dispositif. Le financement, l'indemnisation et l'inscription des libéraux restent opérationnels en 2026.

La gouvernance de transition en 2026 : Dominique Giorgi

Pour piloter cette transition, la direction de l'agence a changé de mains. Le mandat de Michèle Lenoir-Salfati s'est terminé le 11 janvier 2026 sans renouvellement. Dominique Giorgi, inspecteur général des affaires sociales, lui a succédé :

  • 12 janvier 2026 : nomination par intérim (décret publié au Journal officiel début janvier) ;
  • puis confirmation dans la fonction pour conduire la transition.

Son profil — un haut fonctionnaire de l'IGAS — en dit long sur la mission : non pas relancer une stratégie pluriannuelle ambitieuse, mais organiser le démantèlement administratif de l'agence dans des conditions ordonnées. Maintenir le service rendu aux professionnels en 2026, transmettre les missions aux organismes repreneurs, préparer la bascule de 2027.

En pratique, la plateforme agencedpc.fr reste le guichet unique pour les libéraux. Les équipes continuent de traiter les inscriptions, les indemnisations et les contrôles d'éligibilité. Aucune démarche supplémentaire n'est demandée aux professionnels.

Ce qui ne change PAS pour votre DPC en 2026

C'est le cœur du message à retenir : votre DPC 2026 fonctionne normalement. L'État a confirmé le maintien du financement pour toute l'année, avec une dotation au moins équivalente à celle de 2025. Concrètement :

  • Financement DPC maintenu sur l'année civile complète, sans coupure.
  • Plafond annuel inchangé : 14 heures indemnisables pour les IDEL, plafonds spécifiques pour les autres professions libérales, conformément aux arrêtés en vigueur.
  • agencedpc.fr opérationnel : les inscriptions à la campagne 2026 sont ouvertes depuis le 10 décembre 2025, suivi des dossiers et justificatifs téléchargeables.
  • Indemnisation présentielle et classe virtuelle maintenue à taux plein au taux horaire ANDPC en vigueur, pour FC, EPP, GDR et Programme intégré (à vérifier sur agencedpc.fr).
  • Compteurs annuels remis à zéro au 1er janvier 2026, comme chaque année.
  • Organismes de formation référencés : la liste des ODPC reste active, les actions enregistrées ne sont pas remises en cause.

Un seul bémol pratique signalé par plusieurs sources : les délais de versement de l'indemnité peuvent s'allonger durant la transition (compter 2 à 3 mois plutôt qu'un mois habituellement). Le montant, lui, ne change pas.

Si vous aviez prévu une formation au premier semestre 2026, rien ne justifie de la reporter sous prétexte de la fermeture annoncée. Au contraire : les enveloppes annuelles se consomment historiquement plus vite en fin d'année.

Ce qui change concrètement dès 2026 : les forfaits

Indépendamment de la fermeture de l'agence mais au même moment, l'ANDPC a aligné son barème au 1er janvier 2026 sur une logique « non présentiel = indemnité réduite » :

  1. Formation continue (FC) en non présentiel : plus aucune indemnité au professionnel. Les frais pédagogiques restent partiellement pris en charge par l'organisme, mais la compensation des heures bloquées tombe à 0 €. Idem pour la partie FC d'un Programme intégré (PI).
  2. EPP, GDR et partie EPP/GDR d'un PI en non présentiel : indemnité réduite à 50 % du taux plein, contre 100 % auparavant.
  3. Présentiel et classe virtuelle synchrone inchangés : indemnité versée à taux plein pour tous les types d'action (FC, EPP, GDR, PI).

Conséquence directe pour les libéraux : pour préserver l'indemnisation de votre forfait annuel, privilégiez le présentiel ou la classe virtuelle synchrone. Le 100 % e-learning reste accessible — pratique pour qui apprend à son rythme — mais ne compense plus, ou plus que partiellement, une journée de tournée bloquée.

C'est précisément le format que nous avons retenu chez Est Santé : la classe virtuelle synchrone, qui combine la souplesse du distanciel (pas de déplacement) et le maintien de l'indemnité à taux plein. Pour estimer ce qu'il vous reste à mobiliser cette année, utilisez notre calculateur d'indemnisation DPC 2026, et parcourez le catalogue de formations IDEL sur les orientations prioritaires.

Au-delà des formats, attendez-vous à une vigilance accrue sur la conformité des actions dans la dernière phase de vie de l'agence. Vérifiez systématiquement que l'action est rattachée à une orientation prioritaire avant l'inscription — voir notre guide Comment choisir votre orientation prioritaire DPC IDEL 2026.

Le scénario 2027 : HAS et France Compétences

Que deviendra le DPC une fois l'ANDPC fermée ? Le scénario qui se dessine — sous réserve des textes à venir — répartit les missions de l'agence entre deux opérateurs publics :

  • La Haute Autorité de Santé (HAS) reprendrait le volet scientifique : définition des référentiels, qualité des actions, articulation avec la certification périodique.
  • France Compétences (rattachée au ministère du Travail) récupérerait le volet financier : gestion des enveloppes allouées par l'État et l'Assurance Maladie, traitement des dossiers de prise en charge et versement des indemnisations aux libéraux, vraisemblablement à compter de janvier 2027.

Il faut le dire clairement : la date exacte de fermeture et les modalités opérationnelles ne sont pas encore fixées. Aucun texte réglementaire précis n'est paru à ce jour, et la concertation entre ministère, Assurance Maladie et représentants des professions se poursuit tout au long de 2026. Tout ce qui suit relève donc du scénario probable, à confirmer :

  • Une plateforme unique côté libéral, vraisemblablement adossée à France Compétences ou à un nouveau service public dédié.
  • Des référentiels métiers consolidés sous l'égide de la HAS, alignés avec la certification périodique.
  • Le maintien du principe d'indemnisation horaire pour les libéraux dont l'activité est suspendue durant la formation — point politiquement sensible que les syndicats suivent de près.
  • Une simplification annoncée des démarches — à vérifier dans les faits.

Ce qui ne change pas conceptuellement : l'obligation de formation continue demeure. Le DPC change d'enveloppe administrative, pas d'objectif.

Certification périodique : le vrai enjeu de fond

C'est sans doute l'évolution la plus structurante à moyen terme. La certification périodique, qui monte en puissance en 2026, devient progressivement le cadre de référence pour la validation des compétences des professionnels de santé — et le rapport IGAS pousse explicitement dans cette direction.

Bonne nouvelle : les actions DPC réalisées en 2025 et 2026 comptent automatiquement pour la certification périodique, à condition qu'elles correspondent au référentiel de votre profession. Pas de double saisie ni de double dossier — l'inscription DPC fait foi. Raison de plus pour conserver soigneusement tous vos justificatifs : ils constitueront la preuve de votre parcours lorsque le dispositif montera en charge.

Ce qu'il faut faire (ou ne pas faire) côté libéral en 2026

Quatre conseils opérationnels :

  1. Ne reportez pas vos formations à 2027. Les modalités de prise en charge n'y sont pas encore connues, et les transitions administratives s'accompagnent souvent de périodes de flottement où les inscriptions se bloquent quelques semaines. Mieux vaut consommer votre forfait 2026 sereinement.
  2. Privilégiez le présentiel ou la classe virtuelle synchrone. C'est la condition pour conserver l'indemnité à taux plein. Le 100 % e-learning n'est à envisager que si vous acceptez 0 € d'indemnité (FC) ou une indemnité réduite à 50 % (EPP, GDR).
  3. Conservez tous vos justificatifs. Attestations, fiches d'inscription, certificats de réalisation : ils serviront pour la certification périodique.
  4. Suivez les communications officielles. Toute évolution sera publiée sur agencedpc.fr et relayée par les ordres professionnels et les syndicats. Les rumeurs des réseaux sociaux ne sont pas une source fiable.

Questions fréquentes

Pourquoi l'ANDPC est-elle supprimée ? À la suite du rapport de l'IGAS du 12 mars 2025, qui a jugé l'agence inefficace (5 % de professionnels en conformité sur 2020-2022) et recommandé de transférer ses moyens à la HAS, en réorientant le dispositif vers la certification périodique.

L'ANDPC va-t-elle vraiment fermer ? Oui, la décision a été actée fin 2025, avec un transfert de compétences vers d'autres organismes (HAS, France Compétences) en 2027. Le calendrier précis dépend de textes encore à paraître. Pour 2026, l'agence reste opérationnelle.

L'obligation de DPC disparaît-elle ? Non. La suppression de l'obligation est une recommandation de l'IGAS, pas une mesure votée. L'obligation de formation continue reste en vigueur ; c'est l'organisme qui la pilote qui change.

Mes formations en cours sont-elles maintenues ? Oui. Toutes les actions enregistrées sur agencedpc.fr avant la fin 2026 sont prises en charge dans les conditions en vigueur à l'inscription. Aucune réinscription n'est demandée.

Vais-je quand même être indemnisé, et dans quels délais ? Oui pour le présentiel et la classe virtuelle. Le montant de l'indemnité est inchangé ; seuls les délais de versement peuvent s'allonger (2 à 3 mois) pendant la transition.

Que devient mon forfait annuel ? Le forfait 2026 est ouvert dans les conditions habituelles, plafonds inchangés. Les compteurs ont été remis à zéro au 1er janvier 2026.

Mes heures de formation 2026 comptent-elles pour la certification périodique ? Oui, à condition qu'elles correspondent au référentiel de votre profession. La passerelle DPC vers certification périodique est automatique pour les actions 2025 et 2026.

Sources et liens utiles

Sources officielles et presse

Pour aller plus loin sur Est Santé

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